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À la lecture du rapport de L. Danon-Boileau où se déploie toute une dynamique des figures de la parole dans la talking cure, une question m'est venue à l'esprit. Ces figures issues du couple analytique ne sont-elles pas les bébés engendrés par l'entrelacement de leur parole singulière? Dans cette perspective, si la parole compulsive du patient auto-engendrée par des failles narcissiques ne voit rien naître, sa parole associative entrelacée avec la parole métaphorique de l'analyste accouchera d'un langage auto-analytique. Le partage d'affect qui traverse leurs différences s'entendra alors comme interpénétration des paroles dont l'interprétation sera clé d'un nouveau langage. Parler de clé n'est pas ici simple métaphore, puisque c'est d'un sens de rotation que dépend l'ouverture ou la fermeture des paroles au langage. Ce sens de rotation, je le concevrai dans ce texte comme coupure et articulation des langues primitives au langage1.
À l'écoute de la discussion autour d'un ressenti qui n'a pas de mots, L. Danon-Boileau soutenait le concept de signifiance face à A. Green, partisan de l'hétérogénéité du signifiant. Mon intervention, coupée, souhaitait faire entendre un point de vue où l'heuristique l'emporte sur l'herméneutique. Le lieu de la parole de l'analyste d'où naît un sens ne se situe-t-il pas au niveau de la barre entre signifiant et signifié – barre, dirait Freud, de la censure entre chose et mots; barre de la césure2 entre un état physique et un état d'esprit, dira Bion; barre de la coupure entre langues primitives et langage, aurais-je voulu dire?