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Dans le prolongement de son rapport « L'écoute de la parole », D. Clerc a rapporté une vignette clinique pour illustrer un mouvement de contre-transfert suscité par le récit d'une de ses patientes. On s'en souvient: Madeleine, jeune femme psychotique, revient, à de nombreuses reprises, sur le récit d'un acte qu'elle avait effectué compulsivement lors d'une hospitalisation en service psychiatrique. Encore et encore, elle raconte comment elle avait fouillé les poubelles dans l'espoir d'y trouver une boîte de lait pour bébés. Il était clair que le besoin de la patiente de revenir répétitivement sur son récit participait de la même contrainte compulsive que celle de l'acte lui-même.
L'analyste ne s'était pas rendu compte qu'à chaque fois, lorsque sa patiente réitérait le récit de son acte, elle se représentait, systématiquement, l'image d'une boîte de lait carrée, une « brique », de celles qu'on trouve dans le commerce. Pourtant, elle sait bien que les boîtes de lait pour bébés sont des boîtes métalliques rondes. Ce n'est que lorsque sa patiente a retrouvé le souvenir du petit cercueil de son frère, mort à 2 ans, que l'analyste a pu se rendre compte de sa « représentation-lapsus », représentation qui apparaissait alors comme une forme anticipée du petit cercueil.
Surprise par sa persévérance dans l'investissement d'une boîte carrée, une boîte appartenant à ses propres représentations de choses, D. Clerc s'interroge aussi bien sur le pourquoi de ce mouvement contre-transférentiel – que son écoute flottante, sa « mise en position de se passiver », a rendu possible – que sur l'effet que cette représentation avait produit sur sa patiente.
Et de conclure que le fait de « personnaliser » l'image, preuve de sa disponibilité, de sa capacité à se laisser toucher par le récit, devait contribuer à