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Tant le rapport de D. Clerc que celui de L. Danon-Boileau mettent en évidence ce qui constitue le nerf de l'action analytique et en détermine l'essentiel de ses effets mutatifs. La cure de parole, l'étalement de cette dernière grâce à la règle fondamentale (D. Clerc) provoquent une situation dans laquelle les représentations de mot, en se distanciant du sens commun, tendent à rejoindre les représentations pulsionnelles et affectives de chose dont elles sont issues. Cette circulation entre représentations de mot et représentations de chose est susceptible de bouleverser en profondeur l'appareil psychique en modifiant les premiers refoulements originaires de la pulsion. Freud, dans « L'analyse avec fin et l'analyse sans fin », rappelle que le ressort essentiel de la thérapie analytique est d'agir sur les refoulements originaires en mettant fin à l'excès du facteur quantitatif. Étrange dialogue, certes particulier car asymétrique comme on l'a souvent souligné, où les mots et les signifiants tendant à se séparer des signifiés rencontrent d'autres mots, des interventions ou ponctuations, voire des interprétations et des constructions de l'analyste, qui ne peuvent avoir d'effet qu'à la condition de mobiliser avec elles le gisement des premières représentations du refoulé originaire dont dépend la fixation de la pulsion dans la psyché. Quelque chose du même ordre a dû guider toute la recherche d'un M. Merleau-Ponty lorsqu'il invite à se tourner vers les choses mêmes, vers « (…) notre contact muet avec les choses, quand elles ne sont pas encore des choses dites »1.
Pour mesurer les divers canaux au travers desquels opère cette « magie du langage » dans la cure analytique, il est utile de se référer à la théorie des trois