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Depuis les Cinq psychanalyses jusqu'à L'homme Moïse, Freud précise une fonction linguistique au cœur de la vie psychique. Dans un premier temps (« Fragment d'une analyse d'hystérie », 1905)1, la traduction en mots est le modèle pour rendre compte de la prise de conscience chez le patient, et le travail de l'analyste en est homologue. Puis très vite (« Remarques sur un cas de névrose obsessionnelle », 1909)2, la prise en considération du transfert subvertit cette vision. Dès lors que le transfert est reconnu comme la source de la parole, celle-ci occupe toute la place dans le traitement. Elle est chargée de répéter autant que de dire le désir inconscient, de le cacher autant que de le révéler, et son déploiement dans la cure répète les conditions et la nécessité énigmatiques de sa survenue dans la vie psychique. Là réside la « force du langage » que la parole associative3 ou la régression dans l'écoute4 défont. La traduction n'étant plus un modèle satisfaisant pour rendre compte de l' « écoute de la parole », il convient de trouver les lois propres de ce travail psychique spécifique dont la régressivité est la clé. Grâce à celle-ci, la situation de l'analyse instaure une potentialité. C'est d'abord une potentialité spatiale. La parole du patient est déployée, dépliée, étendue dans toutes ses épaisseurs, et elle retrouve ses ancrages primaires dans la pensée de l'analyste qui l'accueille. C'est ensuite une potentialité temporelle. La parole entendue est désarrimée des logiques diachroniques. La névrose infantile réactualisée dans la névrose de transfert destitue la névrose clinique. Deux métaphores freudiennes souvent citées rendent