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On connaît la phrase de Freud: « L'analyse est terminée quand l'analyste et le patient ne se rencontrent plus pour l'heure de travail analytique. »1 Ce trait d'esprit souligne que la question est complexe, malgré l'usage courant de cette notion, y compris entre les analystes qui se félicitent ou s'inquiètent qu'un patient, à la fin d'une cure, ait, ou n'ait pas, « terminé » son analyse. L'idée de guérison - même « de surcroît » - est tout à fait présente chez Freud, mais s'il ne s'agit pas de la restitutio ad integrum, de l'idéal médical. C'est d'une transformation qu'il s'agit: rien ne sera plus comme avant du fait du dévoilement de l'inconscient et de l'insight acquis au cours du travail analytique. Dans la logique de la première topique, les critères de terminaison de l'analyse ressemblent à ceux de la résolution d'une énigme, ou encore d'une découverte archéologique. On considère classiquement que deux résultats doivent avoir été obtenus: une réduction des symptômes, de l'angoisse et de l'inhibition, d'une part, et une levée suffisante du refoulé pour prévenir une récidive, d'autre part. Ou, pour dire les choses autrement, une position suffisamment solide et stable du Moi face aux exigences du Ça et du Surmoi et des nécessités de l'adaptation. On ajoute parfois des relations d'objet permettant un comportement général « normal » et des relations psycho-sexuelles acceptables.
Pour Freud, trois paramètres sont envisagés: les traumatismes, la « force pulsionnelle constitutionnelle » et la « déformation du Moi ». Le cas où la part traumatique est importante serait le plus favorable pour la clôture de l'analyse; des risques d'inachèvement existent, particulièrement du fait de la force