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« La psychanalyse, à la différence des autres formes de psychothérapie, apporte du nouveau, surtout du fait que le processus analytique qui s'est mis en route… se poursuit tout au long de la vie. »
En lisant l'argument de la revue, je pense à la fin de cure d'Élise. Cette décision s'est imposée d'elle-même entre nous, car elle est « tombée comme un fruit mûr ». Quelque chose « sonnait » différent dans son discours. En effet, comme l'argument le rappelle en citant M. Bouvet, « le contre-transfert, l'empathie, nous permet de sentir que le sujet s'est engagé dans une nouvelle manière d'être ». J'avais bien à l'esprit le chemin parcouru, et j'entendais dans son propos tous les nouveaux réaménagements de sa vie affective. Entre elle et moi, il y a eu un « troc », selon le mot de Freud que je cite plus loin, et j'essaierai de montrer comment cela peut s'articuler avec l'idée de guérison.
La question de la fin de la cure est intimement liée à la notion de guérison. La fin de la cure n'est pas l'arrivée de l'analyse à son terme, mais bien la fin du « dispositif », qui a permis l'instauration du processus analytique (Freud, 1937). On peut ainsi distinguer, dans l'analyse: ce qui se réfère à la cure, cette rencontre du patient et de l'analyste; ce qui se réfère au processus analytique lui-même, dont on espère qu'il se poursuivra après, tout au long; l'analyse d'après l'analyse, ou l'auto-analyse. H. Guntrip (1977) rapporte ainsi son expérience après ses deux analyses successives avec Fairnbain et avec Winnicott. Après la mort de son deuxième analyste, il fait plusieurs rêves de deuil, qui le renvoient à un souvenir oublié et jamais remémoré. Ces rêves faits après la disparition de Winnicott constituent un travail d'élaboration culminant d'auto-analyse. Cet article détaille comment, malgré la mort réelle de son analyste, H. Guntrip gardait le sentiment qu'il restait vivant à l'intérieur de lui: « En prenant la place de