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« Vous vous égarerez mille fois Mais peut-être arriverez-vous enfin à la vérité Des égarements. »
Évoquer la fin d'une psychanalyse amène inévitablement le patient, tout comme l'analyste, à se confronter au deuil d'une vision simpliste de contes de fées. Car on le sait bien, même dans ce genre de contes, aucune mutation signifiante ne se fait de façon si magique qu'on pourrait le croire à une première lecture, en particulier sans un long travail de perlaboration. Mais notre société actuelle, dans sa façon de croire aux contes de fées modernes - la médecine de confort, la chirurgie esthétique, les jeux de hasard, ou la communication instantanée, pour n'en citer que quelques-uns -, oublie souvent le temps qu'il faut pour construire une vie qui en vaille la peine, une vie qui ait un sens. Dans un vrai conte, pourtant, le héros doit parcourir tout un chemin initiatique, traverser des épreuves, et remettre en question ses habitudes pour accéder à un bonheur durable. Chemin faisant, il rencontrera une série d'entraves qui lui permettront de surmonter ses faiblesses initiales et de révéler ses capacités. C'est ce qui fait la vertu analytique des contes, comme l'a très bien montré en son temps Bettelheim (1976), souvent repris depuis, malgré quelques critiques.
Parmi ces critiques, il y a évidemment le fait qu'il existe aussi beaucoup de contes qui, comme les cauchemars, se terminent mal. Romans policiers, romans noirs, contes cruels, faits divers: la littérature comme les médias ne manquent pas de nous rappeler tous les destins funestes, ne serait-ce, comme dans les publicités pour une conduite prudente, que pour nous dissuader de les éprouver dans la réalité. Les analystes eux aussi ne manquent pas d'évoquer différents