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La question de la fin de la cure illustre de façon exemplaire l'écart entre théorie et pratique, entre critères idéaux et réalité des conditions cliniques lors de la terminaison, ce que Balint (1949) avait souligné.
Se pencher d'un point de vue pratique sur la fin de la cure impose de s'interroger sur les limites de l'analyse, les limites de l'analyste comme sur les liens entre les modalités de terminaison et la singularité de la conjoncture clinique présentée par l'analysant.
Mais certaines cures ne se terminent pas, parfois parce qu'elles n'ont pas même commencé. Dans un certain nombre de cas, les défenses de caractère, les déformations du Moi ou le facteur quantitatif de la force pulsionnelle, sur lesquels Freud a insisté (1937), conduisent à des interruptions prématurées dans lesquelles la part des caractéristiques propres de l'analyste joue son rôle sans qu'elle puisse toujours être précisément évaluée. C'est aussi le cas de ces patients pour qui nous formulerions l'hypothèse d'une particulière labilité de la libido et qui se détournent de l'analyse et de ses contraintes frustrantes dès qu'une difficulté surgit ou dès qu'un autre investissement tout aussi volatile a mobilisé leur énergie. Cette même labilité libidinale est peut-être encore accentuée par les difficultés de plus en plus grandes dans notre monde actuel à accepter la contrainte temporelle de la cure dans son rapport au changement.
À l'opposé, les déformations du Moi, sa faiblesse, voire son agénésie que l'on couplerait volontiers à l'énigmatique viscosité de la libido peuvent conduire à des analyses interminables. Ici, au-delà d'un transfert interprétable et mobilisable, la personne de l'analyste elle-même se trouve investie massivement, elle est devenue vitale pour le patient. Cela se rencontre chez certains