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L'imposture est un thème auquel Andrée Bauduin s'intéresse depuis longtemps. Elle nous offre sur le sujet un ouvrage très dense, fruit d'une réflexion approfondie et subtile solidement étayée sur une très riche expérience clinique, dont elle sait nous faire partager le cheminement et les aléas avec une finesse et une sensibilité remarquables.
Elle souligne d'emblée que l'imposture présente des points communs avec les perversions sexuelles et narcissiques, mais elle va chercher à cerner, à travers une écoute exceptionnellement acérée et des constructions théoriques audacieuses, la profonde problématique identitaire qui caractérise l'imposture et débusquer les différentes facettes que celle-ci peut revêtir sous divers déguisements dans les cures.
Elle introduit son propos en notant l'existence d'un paradoxe fondamental de l'imposture: c'est la fraude, l'identité d'emprunt à laquelle adhère le sujet qui assure son sentiment d'identité personnelle. Ainsi, l'imposteur n'est pas seulement une personnalité narcissique recourant à des stratagèmes pour se faire admirer, ni un simple menteur: pour lui, le personnage illusoire qu'il a inventé est devenu vrai et il ressent le besoin vital d'en trouver confirmation dans le regard d'autrui. La réussite de la supercherie nourrit non seulement le triomphe sur l'autre, mais surtout le sentiment d'identité d'emprunt car le Moi s'est glissé dans celle-ci: « Ce que cherche l'imposteur, c'est à faire vrai, faute peut-être d'avoir jamais pu être vrai. »
Dans la première partie du livre, « Figures de l'imposture », elle examine différents cas d'imposture sociale manifeste. Elle constate que le degré d'intensité