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Après Emprise et satisfaction (Paris, PUF, 1997) et son Éloge de la bêtise (Paris, PUF, 2004), Paul Denis (membre titulaire de la Société psychanalytique de Paris et directeur de la RFP de 1996 à 2004) nous propose cette fois une réflexion concise et dense sur les phobies.
Les phobies, ces peurs irraisonnées déclenchées par une circonstance sans danger, sont psychanalytiquement définies par le déplacement (projection), sur un objet, une personne ou une situation du monde extérieur, d'une figure angoissante de l'univers psychique. Elles se distinguent, par leur irrationalité, des peurs devant un danger réel ou devant ce qui rappelle un traumatisme antérieur. Elles concernent donc des situations ou des objets dépourvus de dangerosité. La phobie implique ainsi une distorsion partielle des possibilités de jugement appliquées au monde extérieur, une altération partielle du sens de la réalité, ou du moins leur contamination par un élément fantasmatique qui vient les troubler. Partiel, ce trouble rattache les phobies à la névrose, car l'ensemble du fonctionnement de l'esprit n'est pas atteint, mais des phobies multiples, intenses, extensives nous rapprochent parfois des frontières de la psychose. Certaines phobies entraînent une crainte permanente, obsédante, d'être confronté à la situation phobogène, ce qui pose la question du rapport entre obsessions et phobies. Contrainte à des répétitions incessantes de gestes visant à annuler l'angoisse sans parvenir à chasser l'idée parasite obsédante, la personne obsessionnelle est plus exposée à l'angoisse que celle qui est simplement phobique.