You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
C'est dans la continuité de ses travaux que Louise de Urtubey poursuit, dans ce dernier ouvrage, l'intérêt qu'elle porte à l'étude des rouages du processus analytique, avec le souci d'être toujours au plus près du fonctionnement de l'analyste en séance et de la dynamique transféro-contre-transférentielle. Après ses écrits sur l'approche de l'interprétation, du contre-transfert et de la réaction thérapeutique négative, elle s'attache aujourd'hui à saisir la diversité des éventuels passages à l'acte de l'analyste au cours d'un traitement pour mettre plus particulièrement en lumière ce qu'elle dévoile, dénonce, et tente de saisir, à savoir: les transgressions sexuelles de certains analystes avec leurs patient(e)s.
Dire, pour penser l'impensable d'une transgression qui nuit de façon irrémédiable au dispositif, tout autant qu'à la communauté des analystes et au regard du monde social sur cette communauté, en un temps où de violentes critiques à l'égard de la théorie freudienne ont circulées suite à la parution du Livre noir de la psychanalyse.
C'est aujourd'hui de l'intérieur du monde analytique qu'une voix s'élève. Louise de Urtubey envisage cette nécessité de dire comme une mise en garde pour les patients mais aussi pour les jeunes analystes; aussi, elle s'interroge, et nous interroge, sur le silence qui gagne les sociétés analytiques françaises, alors que d'autres pays, notamment les États-Unis, ont souvent dénoncé cette pratique. Quel sens donner à cette résistance?
Vient-elle de l' « horreur de l'inceste et de la violation des limites » qui sommeillent en chacun de nous? Ou bien est-ce le même silence qui s'est imposé à Freud après la découverte de sa neurotica, celui qui pouvait faire penser qu'il avait abandonné sa théorie (hypothèse contestée par l'auteur), la seule façon pour lui de pouvoir continuer ses avancées en évitant de violentes controverses?