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Le n° 30 de la Revue française de Psychosomatique porte sur « Deuil et somatisations », thème théorique important tant a été affirmée et démentie l'hypothèse d'un lien entre l'un et l'autre. Ce numéro a la particularité de présenter plusieurs articles qui se répondent et discutent, dans un dynamisme propre à une ligne éditoriale qui dynamise ainsi l'intérêt du lecteur. Pas moins de 14 courts articles cliniques et théoriques laissent le lecteur avec un sentiment de fourmillement de pistes, d'hypothèses et de styles différents, qui relancent le questionnement malgré le poids d'un thème difficile.
Tout d'abord, Jacques Press nous présente « Les sédiments de deuil: deuil, impasses psychiques et somatisation ». Ces sédiments, dont J. Press nous propose qu'ils constituent le lit des somatisations, se déposent selon lui dans le cas d'impasses psychiques, « inverses du conflit » puisque ne permettant pas d'aboutir à une perlaboration, et qui « marchent main dans la main » avec le clivage. La somatisation surviendrait alors comme « possible échec d'un travail de la mélancolie ». Une présentation clinique illustre le propos, dans laquelle J. Press met en scène les aléas d'une première rencontre transféro-contre-transférentielle impossible, suivie plus tard par une prise en charge analytique, avec entre les deux une somatisation de la patiente que l'analyste met en lien avec les destins de ses deuils. J. Press poursuit par la convocation de S. Ferenczi, en considérant la « non-rencontre initiale comme une version élargie (…) de la confusion de langues » dont il décrit une quatrième forme: « le défaut de réponse de l'objet ». Il insiste sur l'importance de ce concept en psychosomatique et sur l'approche ferenczienne d'introjection et de projection, qui privilégie la qualité de l'objet. Dans le dernier paragraphe, J. Press reprend son concept de « manie essentielle », lié au concept winnicottien de « fuite dans la santé » par crainte de l'effondrement,