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C'est aux origines mêmes de la psychanalyse que surgissent simultanément l'image du rival fraternel, des motions fratricides qui l'accompagnent, et celle du désespoir de l'enfant devant la perte de sa mère disparue…
En quelques jours, en effet, Freud découvre l'impact sur sa psyché de la naissance de Julius et de sa mort1, puis le souvenir-écran de la mère introuvable, « coffrée » peut-être comme Nania, mais aussi, et surtout, mère enceinte… Et l'on se souvient que, quelques lignes plus loin, Freud propose sa compréhension de « l'effet saisissant d'Œdipe-Roi »…
Aussi ne peut-on qu'être frappé de voir - dans ce temps même de fondation de la psychanalyse - Freud lier désir de mort à l'encontre du rival fraternel, complexe d'Œdipe et perte de l'objet primaire…
Réfléchir aujourd'hui à l'impact des « frères et sœurs » sur la psyché et sur son fonctionnement permettrait sans doute de mieux situer son importance et ses fonctions comme de creuser les différents aspects de ce lien, omniprésent mais d'un abord marginal dans l'œuvre de Freud et pourtant d'emblée posé entre le registre du lien à l'objet primaire et celui du conflit œdipien.
Les cas cliniques des Cinq psychanalyses révèlent l'importance de la fratrie dans l'histoire subjective infantile: la naissance de la sœur du petit Hans relance sa curiosité et l'élaboration de théories sexuelles en même temps que le conflit œdipien est exacerbé. La séduction précoce exercée par son aînée sur l'Homme