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Depuis l'origine de la revue en 1927, c'est la première fois que nous abordons directement le thème de la fratrie. Il n'a été qu'effleuré dans certains travaux cliniques publiés au fil des années. Le numéro intitulé « L'enfant dans l'adulte » (t. LVIII, n° 3, 1994) ne mentionne pas la fratrie pas plus que celui consacré à « Familles d'aujourd'hui » (t. LXVI, n° 1, 2002) dont les auteurs semblent considérer que la famille est constituée d'un couple certes, et d'un enfant - il en faut bien un pour faire un Œdipe et une scène primitive -, mais ni de frères ni de sœurs.
Et pourtant, comme l'écrivent Geneviève Bourdellon et Isabelle Kamieniak dans l'argument de ce numéro:
« C'est aux origines mêmes de la psychanalyse que surgissent simultanément l'image du rival fraternel, des motions fratricides qui l'accompagnent, et celle du désespoir de l'enfant devant la perte de sa mère disparue…
« En quelques jours, en effet, Freud découvre l'impact sur sa psyché de la naissance de Julius et de sa mort1, puis le souvenir-écran de la mère introuvable, “coffrée” peut-être comme Nania, mais aussi, et surtout, mère enceinte… Et l'on se souvient que, quelques lignes plus loin, Freud propose sa compréhension de “l'effet saisissant d'Œdipe-Roi”…
« Aussi ne peut-on qu'être frappé de voir - dans ce temps même de fondation de la psychanalyse - Freud lier désir de mort à l'encontre du rival fraternel, complexe d'Œdipe et perte de l'objet primaire…
« Réfléchir aujourd'hui à l'impact des “frères et sœurs” sur la psyché et sur son fonctionnement permettrait sans doute de mieux situer son importance et ses fonctions
Lettre à Fliess du 3 octobre 1897: « Tout me fait croire aussi que la naissance d'un frère d'un an plus jeune que moi avait suscité en moi de méchants souhaits et une véritable jalousie enfantine et que sa mort (survenue quelques mois plus tard) avait laissé en moi le germe d'un remords » (Naissance de la psychanalyse, Paris, PUF, 1956, p. 194).
Page 331comme de creuser les différents aspects de