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La mort d'un enfant, durant les mois qui suivent sa naissance, alors que son frère ou sa sœur est encore un « aîné bébé », crée une conjoncture qui contient en « germe » tous les ingrédients susceptibles d'inscrire au cœur du fonctionnement mental la pesée permanente d'un traumatisme. L'approche psychanalytique de ce « drame » a pratiquement toujours été fondée sur le travail du deuil. En effet, ce travail, sa possibilité, quelquefois son impossibilité, se révèlent dans la cure psychanalytique et dans ses conclusions théorico-cliniques comme décisives et riches de réflexions.
Je souhaiterais adopter un autre éclairage qui ne diminue en rien l'importance des problèmes liés à un deuil d'un être jamais connu, à un âge où le sujet n'a pas encore à sa disposition les mots pour « le » dire.
Cette réflexion me conduira à montrer combien le refoulé du matériel infantile de l'aîné bébé en relation avec la mort du bébé cadet participe à la découverte par Freud du complexe d'Œdipe. Cette particularité est d'emblée soulignée par les rédacteurs de l'argument du thème proposé par le présent numéro de la revue. Mais il me semble nécessaire tout d'abord de dissiper un éventuel malentendu. Il n'est, bien entendu, pas dans mes intentions d' « analyser » ce qui est impossible - à savoir, analyser Freud. Je guiderais ma réflexion en m'appuyant sur ce que Freud nous confie de son propre refoulé infantile, dans le cheminement même qui va le conduire à préciser, dans sa lettre du 15 octobre 1897, la découverte du complexe d'Œdipe: « Il ne m'est venu à l'esprit qu'une seule idée ayant une valeur générale. J'ai trouvé en moi comme partout ailleurs des sentiments d'amour envers ma mère et de jalousie envers mon