You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Freud, dans « Au-delà du principe de plaisir » (1920), écrit:
« Cette liaison tendre, le plus souvent au parent de sexe opposé, a succombé à la désillusion, à la vaine attente de la satisfaction, à la jalousie lors de la naissance d'un nouvel enfant, qui prouvait sans équivoque l'infidélité de l'aimé ou de l'aimée; sa propre tentative, menée avec un sérieux vraiment tragique, pour créer soi-même un tel enfant, a honteusement échoué; la diminution de la tendresse dispensée au petit, les exigences accrues de l'éducation, les paroles sévères et, à l'occasion, une punition lui avaient finalement révélé toute l'ampleur du dédain qui lui était dévolu. »1
L'axe de ma réflexion sera de comprendre et de reprendre les mouvements répétitifs concernant les rêves, les récits et les actes chez une analysante dont la première enfance a été marquée par une expérience traumatique, la naissance d'un petit frère, précocement atteint d'une grave pathologie psychique.
C'est autour de ce trauma que s'est organisé chez elle un fonctionnement en « au-delà du principe de plaisir », pivot du travail d'élaboration de la cure. Les répétitions d'expériences insatisfaisantes, de vécus douloureux ou angoissants sont des tentatives de l'appareil psychique pour faire face à la souffrance dans l'espoir de la maîtriser.
Face au trauma, l'appareil psychique subit une effraction du pare-excitation. Les processus de liaison, d'élaboration et de symbolisation échouent. Le refoulement de la représentation pulsionnelle peut alors être entravé ou rester incomplet. Souvent la compulsion de répétition envahit le fonctionnement psychique s'exprimant par des symptômes répétitifs, des rêves récurrents, des somatisations, des attaques du corps propre ou des comportements agis; les réactions thérapeutiques négatives sont aussi fréquentes.