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Par quels moyens un enfant de 4 ans peut-il exprimer ce qui, pour ses parents, n'est pas pensable? Quelles solutions peut-il trouver pour sortir du gel silencieux d'un traumatisme qui immobilise toute une famille? Quels symptômes peut-il développer pour exister, pour être pensé, alors qu'il est né et qu'il vit dans l'ombre d'un autre enfant malade qu'il a la lourde tâche de réparer? Je vais parler de la rencontre avec ce petit patient, des aléas du travail thérapeutique avec sa famille, visant à donner une existence propre à ce jeune enfant.
Fred a un peu plus de 4 ans lorsque je le rencontre pour la première fois. Je connais ses parents depuis cinq ans, pour les avoir rencontrés régulièrement lors de consultations thérapeutiques qu'ils ont demandées suite à la naissance d'un premier enfant atteint d'un grave handicap moteur cérébral. Lorsque Fred est né, environ un an plus tard, j'ai été frappée par le silence qui régnait autour de lui au cours des séances avec les parents. C'est moi qui devais régulièrement m'enquérir de son développement et de sa place dans la famille. J'avais en tête les risques et les difficultés que pouvait représenter l'existence d'une maladie grave dans la fratrie d'un enfant. Mais, à chaque fois, mes doutes étaient doucement mais fermement balayés par le couple: tout allait bien, Fred ne posait aucun problème. J'ai fini par me sentir vaguement coupable de chercher des difficultés là où il n'y en avait pas. J'ai été entraînée dans le déni des parents, jusqu'à ce que de petites remarques attirent à nouveau mon attention sur Fred et me laissent penser qu'il pouvait être en souffrance. Cependant lorsque je m'y