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« Pourquoi lisons-nous ces correspondances? Et qu'y cherchons-nous de nouveau? », demande Michael Molnar, l'actuel directeur du Freud Museum de Londres, lors d'un colloque organisé par Stéphane Michaud, consacré aux Correspondances de Freud2. Bien sûr, il y a mille façons de lire et les réponses sont multiples. Mais Michael Molnar insiste à juste titre sur l'écart entre la lecture d'une lettre dans sa matérialité avec, entre autres, ses erreurs orthographiques, et la lecture d'une lettre devenue de plus en plus virtuelle, une fois imprimée et plus encore lorsqu'elle est diffusée par informatique.
À partir d'un « état des lieux » concernant les publications épistolaires, il apparaît que le souci de publier dans leur intégralité les correspondances entre Freud et ses différents interlocuteurs s'est fait de plus en plus exigeant, comme ce fut le cas, en 1974, pour la correspondance de Freud avec Jung, puis dans les années 1980 avec Fleiss, Jones et Ferenczi. Avec la levée récente des interdictions de publier qui avaient été imposées par les Archives Sigmund Freud, paraissent actuellement, ou sont en cours de publication, les correspondances plus personnelles et familiales. C'est le cas, entre autres, de la correspondance entre Freud et sa fille Anna, encore inaccessible en France et que vient de faire paraître Ingebord Meyer-Palmedo. La traduction en français de Stéphane Michaud, biographe de Lou Andreas-Salomé3, permet de découvrir le très important échange épistolaire entre Lou Andreas-Salomé