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Comment le sexuel infantile se manifeste-t-il dans la séance? À quoi le reconnaît-on? Comment Freud l'a-t-il rencontré? Telles sont les questions dont nous sommes partis.
Pour commencer avec la découverte freudienne, le « scandale » de la sexualité infantile, son caractère polymorphe, son lien avec la séduction maternelle est au centre des Trois essais sur la théorie sexuelle (1905, quatrième édition en 1920). Freud estime d'ailleurs que la sexualité infantile a été découverte par lui et qu'auparavant on n'y trouve aucune allusion dans la littérature1.
Avec l'infantile, Freud construit l'enfant de la psychanalyse. Celui-ci est abordé à la fois directement et par le biais du traitement des adultes:
« Un médecin qui traite psychanalytiquement un nerveux adulte parvient finalement, par son travail de mise à découvert des formations psychiques, strate après strate, à certaines hypothèses sur la sexualité infantile, dans les composantes de laquelle il croit avoir trouvé les forces de pulsion de tous les symptômes névrotiques (…). Mais le psychanalyste peut aussi bien s'avouer à lui-même le souhait d'une preuve plus directe, acquise par une voie plus courte, de ces thèses fondamentales. Devrait-il donc être impossible de connaître par expérience immédiate sur l'enfant, dans toute sa fraîcheur de vie, ces motions sexuelles et formations de souhait qu'avec tant de peine, chez celui qui a pris de l'âge, nous exhumons de leurs ensevelissements et dont nous prétendons en outre qu'elles sont le bien commun constitutionnel de tous les hommes et ne font chez le névrosé que se montrer renforcées ou distordues? »2
L' « Analyse de la phobie d'un garçon de cinq ans » (1909), le petit Hans, enfant par excellence de la psychanalyse, est censée donner cette expérience immédiate, et entériner le mythe de la coïncidence entre l'enfant réel et l'enfant