You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La sexualité a disparu de la psychanalyse contemporaine de langue anglaise. Le fait a été relevé il y a longtemps par André Green1, et fait maintenant partie du folklore de nos rencontres avec nos collègues britanniques et américains. Un colloque récent2 donne de précieux éléments d'orientation pour en comprendre les causes.
1 / Il faut remonter à Freud (Jacques André3) pour trouver la source de ce reflux. Dès 1914, Freud demande que l'on s'occupe davantage du Moi, les pulsions étant désormais suffisamment connues4. En 1937, le programme de faire de la psychanalyse une « psychologie du Moi » se présente comme une sorte de disposition testamentaire5, que ses héritiers, sa fille Anna, et Hartmann, Kris et Lœwenstein réaliseront, en sorte que la sexualité est passée à l'arrière-plan dans leurs travaux. Ce désintérêt atteint son point extrême avec Winnicott et ses élèves. Jacques André6 cite Margaret Little: « La sexualité, et l'analyse entendue comme interprétation du conflit psychique lié à la sexualité infantile, ne peut qu'être hors de propos et sans signification quand on n'est pas assuré de sa propre existence, de sa survie et de son identité. »7 La méconnaissance de la