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On prétend que, par crainte de voir quelqu'un taper sur l'épaule du mari en lui disant: « Laisse moi, je sais faire mieux… », la nuit de noces ne s'est jamais déroulée en public chez les anciens Hébreux, contrairement aux coutumes pratiquées autrefois par tous les peuples du Bassin méditerranéen. Sans croire à la véracité de l'histoire, elle me vient à l'esprit chaque fois que les récits de cas cliniques exposent l'analyste au regard de ses pairs. Les réactions, autant sur la clinique que sur la théorie sous-jacente, trahissent, peu ou prou, la conviction qu'à la place du collègue on aurait fait autrement, mieux…
L'exercice est, cependant, inévitable. Bien que nous sachions que l'écoute ne peut être la même selon que l'on est à l'intérieur de la situation analytique ou que l'on en écoute le récit; bien que nous sachions que, dans toute cure, une dose d' « alchimie » intersubjective opère à l'insu des protagonistes – autrement dit: bien que le récit d'une séance, a fortiori d'une cure, ne pourra jamais restituer l'ensemble de ce qui s'y joue –, son exposé est un exercice essentiel pour l'entretien du savoir et, plus encore, de la sensibilité dont nous avons besoin dans notre pratique.
De ce point de vue, la reprise du cas Richard a été exemplaire. Malgré la distance qui nous sépare du récit de cette cure, un écrit de surcroît, la lecture qu'en a fait Gilbert Diatkine contribue à préciser la différence entre sexualité adulte et sexualité infantile. Centrant son exposé sur l'expression du contre-transfert de Melanie Klein dans la cure en question, G. Diatkine a mis l'accent sur la confusion entre la problématique de la thérapeute et celle de son patient. On a pu s'apercevoir que les interprétations de M. Klein concernant les peurs exprimées par Richard révélaient sa propre angoisse à elle, angoisse liée aux