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Mon intervention d'aujourd‘hui a pour but de discuter avec vous des questions qui me préoccupent depuis un certain temps. L'une d'elles est d'essayer de penser de quoi nous parlons quand on s'occupe de la constitution du sentiment d'appartenance et comment situer ce concept dans un corpus théorique qui tient compte de la différence entre la relation avec un ou plusieurs autres, le lien, et ce qui constitue le dit monde intérieur (les représentations et les relations d'objet). Il s'agira de deux espaces, en quelque sorte hétérologues, qui posent chacun d'eux des problèmes de l'ordre de l‘être, du faire et de l'appartenir. Pour être sujet du monde (s'y faire une place, l'habiter) et être (habiter) dans son propre monde, il sera nécessaire de faire pour être et faire pour appartenir.
Je vais prendre comme point de départ quelques remarques qui proviennent de sources différentes.
— Au fur et à mesure que le temps passe, il devient plus évident qu'il est difficile de travailler dans les séances, de penser, ce que comporte l'appartenance à différents ensembles. Il y aurait une tendance à penser que toute appartenance part d'un même tronc et s'arborise, ce qui voudrait dire qu'il y a une origine et alors celle-ci pourrait expliquer certains obstacles. Et cette origine serait le « déjà vécu », la vie infantile ou ce qui a été déjà dit par Freud quand il a abordé la question dans ses écrits sociaux.
— Il est aussi difficile de savoir comment faire, c'est-à-dire comment penser et intervenir dans une séance quand le patient parle de faits actuels traumatiques ou tout simplement de faits (valeurs, habitudes, etc.) car la plupart du temps les psychanalystes ont tendance à les considérer comme des métaphores de représentations déjà connues et acceptées par nous et surtout par la communauté. Un bon exemple de cela a été travaillé par G. Diatkine au cours de son analyse du texte de M. Klein au sujet de Richard. Moi-même depuis longtemps, je me suis occu