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Le livre de Claude Janin, La honte. Ses figures et ses destins, dans le prolongement de son rapport au Congrès des Psychanalystes de Langue Française, est le premier du genre à traiter de la honte. Il vient combler un vide dans la littérature psychanalytique et dans la compréhension théorico-clinique de cette notion. L'auteur, dès l'avant-propos, nous fait part de ses intentions, sur lesquelles nous reviendrons tout au long de ce compte rendu.
Dans l'introduction, C. Janin expose son projet de construire une théorie d'ensemble de la honte qui manque au corpus théorique de la psychanalyse. Le livre se divise en cinq chapitres.
Tout d'abord, les aspects métapsychologiques de la honte qui étudient la relation de la honte aux instances ainsi que le rapport de la honte au groupe et au corps. L'auteur situe la honte dans son rapport aux instances, honte souvent difficile à dissocier de la culpabilité liée au Surmoi, alors que classiquement la honte est référée à l'Idéal du Moi. L'auteur nous montre l'arbitraire de cette dissociation et, dans ce dessein, introduit d'emblée un concept clé de son livre – à savoir, la « honte primaire » héritière du narcissisme primaire qui se distingue de la honte secondaire qui apparaît au cours de la période de latence et qui est liée au déclin du complexe d'Œdipe. Le modèle pour opérer cette distinction est celui de l'angoisse, telle que Freud le théorise en distinguant une angoisse primaire liée à la prématurité et une angoisse-signal liée à la différenciation en instances qui apparaît, dit Freud, en menace à la perte d'amour du Surmoi.
Signe de l'angoisse secondaire. L'auteur utilise ce modèle pour rester dans la métapsychologie et éviter les piéges de la psychologie psychanalytique.