You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le n° 31 de la Revue française de Psychosomatique continue à illustrer le dynamisme de la « psychosomatique à la française », avec des articles cette fois-ci principalement écrits par des analystes, quoique aucun des auteurs ne soit ici présenté; ceci trouble parfois la lecture, comme lorsque l'on en arrive à l'article de D. Gros qui surprend par son contenu si l'on n'a pas attentivement lu l'argument dans lequel il est noté qu'il est « sénologue hospitalier ». Du coup, le lecteur avance à pas interrogatifs et ne peut s'appuyer sur des attentes particulières – mais peut-être est-ce justement le but recherché?
Le joli titre du premier article: « Tétons juteux, tétons charnus », extrait d'un ouvrage daté de 1767, nous entraîne d'emblée vers les ambiguïtés de base entre mère et femme, entre faim et amour. Hélène Parat nous convie à un voyage historique, retraçant les modalités diverses de la « disjonction culturellement souhaitée entre le sein nourricier et le sein érotique ». Elle resitue ensuite la question dans la théorie psychanalytique, insistant principalement sur la « dimension perverse de la relation maternelle » et les pulsions partielles, et relève la « réactivation tant de la sexualité infantile pré-œdipienne que de celle liée aux vœux œdipiens » par la maternité, en s'appuyant sur Freud et Racamier. Et de fait, en distinguant les différents niveaux qui peuvent se révéler – sein oral, sein anal, sein phallique et sein génital –, elle peut ainsi conclure que « le sein nourricier est un sein qui demeure érotique ».