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La revue, sous la houlette de Florence Guignard, propose un choix de textes publiés en 2006 dans The International Journal of Psychoanalysis où Italiens et Anglo-Saxons ont la part belle. Ce numéro fait souffler un vent de fraîcheur, notamment par la présentation non narcissique des matériels et la liberté de ton employée. Toutes les facettes de la réflexion psychanalytique y sont présentées, de la pratique institutionnelle à la psychanalyse d'enfant en passant par le travail avec les psychotiques et la clinique de la « perversion psychologique ». La discussion par des collègues anglo-saxonnes de la clinique du français Jean-Claude Rolland, sur fond de polémique, constitue un moment fort de ce numéro où la langue de bois n'est pas de mise.
L'article inaugural de Stefano Bolognini, membre formateur de la Société italienne de psychanalyse, consultant au service de Psychopathologie clinique de l'Université de Bologne, « Le métier de passeur », décrit finement l'attitude interne de l'analyste en consultation. Ce travail ne peut qu'intéresser vivement les personnes travaillant en institution et confrontées à la brève rencontre que constitue la consultation d'orientation. Pour l'auteur, cette situation requiert des aptitudes fondamentales explorées ici. La première d'entre elles est la « motivation pour apprendre », qui renvoie au statut de la curiosité comme outil technique. À cet égard, Bolognini note la présence lors de la consultation du conflit entre désir et angoisse, et la permanence du fantasme d'avoir affaire à un patient insupportable résultant d'après lui du reste inanalysé de l'analyste. L'auteur suggère une « attitude concave d'écoute », attitude compétente de base qu'il différencie d'une écoute de contenant inerte. Il stigmatise, à juste titre, l'écoute totalement silencieuse et caricaturale pour prôner une mise en suspension par l'attente, afin de créer ce qu'il appelle une « aspiration par le vide ». Sont évoqués ensuite la responsabilité que cela suppose d