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La première partie de ce volume est consacrée à la « psychanalyse des malades de contrainte », maladie toujours bien mystérieuse. Dans l'éditorial de la revue, Claudia Frank remarque que ce trouble peut être « contagieux » dans le contre-transfert; elle souligne qu'il existe une telle polémique sur l'efficacité d'une cure analytique face à ces problèmes que le traitement des « troubles obsessionnels compulsifs » (dénomination des classifications psychiatriques) est à présent très souvent relégué aux prises en charge non analytiques, notamment comportementalistes.
Le titre de son article annonce le thème qu'elle va aborder: « “Marcher vers le côté”. À propos de la rupture de l'analyse d'une malade de contrainte libérée de ses symptômes »1. Elle présente la vignette clinique d'une patiente, étudiante en psychologie comportementaliste, contrainte à des lavages quotidiens multiples par peur de mycoses et de bactéries, et tourmentée aussi par ses phobies, notamment celle des araignées. Elle a également la phobie des examens, liée à son grand besoin d'omniscience; par ailleurs, elle est rongée par de multiples doutes qui l'immobilisent à la maison. Dans son contre-transfert, C. Frank se sentit très vite contrôlée, manipulée par cette patiente, de sorte qu'elle se mit à la recherche d'une bonne technique pour « trier et ranger proprement » avec la patiente ce qui se passait à l'intérieur d'elle. Ses questions techniques étaient sans doute en rapport avec la spécificité de la pensée obsessionnelle de la patiente qui « se présentait comme une vraie pensée, mais qui était abusive et aberrante à la base », dit Frank: il était impossible d'adhérer à son argumentation déroutante et à ses fausses voies obsessionnelles.