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L'histoire d'Hippolyte et de Phèdre appartient au cycle mythologique de la fondation et de la croissance de la cité d'Athènes; elle est intimement liée aux luttes livrées par les premiers rois légendaires (Érechtée, Cécrops, Pandion, Égée et, enfin, Thésée) pour s'assurer chacun la succession de son père, asseoir son pouvoir et le transmettre à son fils. Il s'agit de l'histoire de la jeune épouse de Thésée, qui s'éprend de son beau-fils Hippolyte, issu des amours de Thésée avec une amazone. Hippolyte repousse les avances de Phèdre par chasteté et par fidélité et respect pour son père. Phèdre se suicide, accablée par la honte et le chagrin d'amour; mais, avant de mourir, elle se venge en déclarant que Hippolyte a abusé d'elle. Thésée, qui ne croit pas que ce fils illégitime pour lequel il n'a aucune considération a refusé avec la dernière énergie de le trahir, le bannit et souhaite sa mort, avant de comprendre trop tard son erreur, et de lui rendre une première, et quasi posthume, reconnaissance.
D'une dimension manifestement incestueuse, le mythe a attiré peu d'interprétations psychanalytiques, Œdipe occupant évidemment une place prépondérante sur ce terrain. Pour Meyrowitz (1977), le désir de Phèdre pour Hippolyte ne fait que refléter le désir refoulé d'Hippolyte lui-même pour sa belle-mère, ce que Thésée interprète correctement en le punissant. Rankin (1968), en revanche, est sensible à la dimension d'illégitimité de la naissance d'Hippolyte, et attire l'attention sur le déplacement des sentiments d'amour du jeune homme pour sa mère vers la déesse de la chasteté, Artémis; pour cette auteur, le rejet par Hippolyte de l'amour que lui porte Phèdre représente une formation réactionnelle, destinée à sauvegarder l'amour maternel idéalisé. Enfin, pour Bollack