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Dans le cadre de ce travail, je vais essayer d'examiner le problème de la construction de l'alliance thérapeutique avec les patients en situation de décompensation psychique : ceux donc qui vivent un double effondrement, celui du sentiment de soi et celui du rapport à l'objet. Nous savons que la constitution psychique du Soi et celle de l'objet sont concomitantes, ce que les travaux de Racamier (1962, 1963), entre autres, ont mis, de manière éclatante, en évidence. Il en va de même lors d'une décompensation : les patients perdent le sentiment de leur unité (dépersonnalisation) en même temps que celui de la réalité du monde objectal (déréalisation). Ils régressent du registre du désir à celui, paroxystique, d'un besoin bien souvent difficile à cerner, et encore plus à apaiser. Il est d'observation courante que le patient, dans cette situation, soit incapable d'établir un contact avec un interlocuteur, que ce soit une personne ou une équipe soignantes. Cependant, le clinicien a souvent le sentiment d'être en face d'une quête, correspondant sur le plan vital (« animal », si l'on force le trait) à une recherche de sanctuaire. Sanctuaire recherché ou accepté dans la réalité externe (par exemple, une hospitalisation), comme si le sanctuaire des objets primaires internes, vers lequel on se tourne spontanément en cas de danger, venait à faire défaut. J'aurais donc pu évoquer l'idée de trahison des objets; si j'ai préféré étudier le problème sous l'angle de la fiabilité des objets, c'est pour mieux me situer du point de vue de l'expérience thérapeutique. Dans l'espace de la rencontre thérapeutique, je mettrai de côté le pôle de la demande