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Quand Hannah Arendt reçut le prix Lessing décerné par la ville de Hambourg en 1959, elle parla, entre autres choses, de la difficulté de trouver quelle attitude raisonnable adopter à l'égard du passé de l'Allemagne. Elle cita la phrase souvent employée dans ce pays à cette époque, disant que « le passé n'était toujours pas “maîtrisé” », et évoqua la conviction, en particulier celle d'hommes de bonne volonté, qu'il fallait commencer par s'efforcer de le « maîtriser ». « Peut-être, dit-elle, ne peut-on le faire avec n'importe quel passé, mais on ne saurait en tout cas le faire avec celui de l'Allemagne d'Hitler. Ce à quoi l'on peut espérer arriver au mieux, c'est de savoir précisément ce que c'était, de supporter de le savoir, et de voir ensuite ce que cela apporte de savoir et de supporter » (p. ).
Je fus touchée par cette phrase d'Hannah Arendt quand je la lus pour la première fois il y a une douzaine d'années et elle me revient dans le contexte de l'affrontement d'un élément terrible du passé que l'on ne peut écarter