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Il n'aura échappé à personne le caractère hautement polysémique du concept de narcissisme dans le corpus métapsychologique et plus généralement encore dans la pensée clinique contemporaine.
En effet, que ce soit l'identification, la personnalité, la pathologie, le choix d'objet, la libido, tous semblent pouvoir s'accommoder du qualificatif « narcissique ». Cette multiplication conceptuelle de l'usage du narcissisme provoque en retour une déperdition importante de la cohérence interne de ce concept.
Depuis son introduction en 1914 par Freud, jusqu'à son utilisation pléthorique dans la clinique contemporaine – autour notamment des pathologies limites et des organisations narcissiques identitaires –, le concept de narcissisme aura déployé toute sa polysémie, recouvrant par là même des acceptions théorico-cliniques fortes différentes.
La conceptualisation du narcissisme dans l'œuvre de Freud n'a de cesse d'évoluer, de se transformer, par avancées, détours et retours successifs.
Bien que des prémices se perçoivent déjà en 1909 dans « L'Homme aux rats », c'est en 1910 que Freud introduit dans le corpus théorique de son œuvre le concept de narcissisme.
Celui-ci, dans les premiers temps, entre 1910 et 1914, a, dans la pensée de Freud, valeur de stade intermédiaire entre l'auto-érotisme – où domine le règne