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Depuis quelques années, nous sommes en butte à une objurgation de plus en plus pressante : « Psychanalystes, soyez scientifiques, faites de la recherche (scientifique) ou périssez ! » De nombreuses raisons militent pour que ce mouvement soit pris au sérieux. Mais que nous demande-t-on ? Il nous faut chercher quoi ? Comment ? Le risque est grand de démarches qui, sous une apparence scientifique, soient inadéquates à l'objet même de la recherche. Attention au remède qui tue le malade !
La question est double :
1 / Qu'entend-on par « recherche (scientifique) » ? Plus précisément, quelles sont les règles de cette démarche ?
2 / Que peut-on en retenir qui puisse porter de façon valide sur ce qui centre la pratique du psychanalyste et la réflexion qu'elle appelle, c'est-à-dire le fonctionnement du psychisme ?
J'ai tenté dans un texte précédent d'apporter quelques éléments de réponse à cette double question1. J'en développerai ici un aspect particulier, à propos d'un argument très souvent utilisé au cours des controverses, parfois assez confuses, sur la question de la « scientificité » de la psychanalyse. Prenant pour acquis (explicite, plus souvent implicite) qu'il n'est en l'espèce qu'un modèle possible, celui des sciences exactes, et plus précisément de la physico-chimie2, cet