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L'élaboration par Freud de sa doctrine du rêve1 s'inscrit dans son travail de théorisation et de traitement des symptômes hystériques. Sa recherche étiologique était déterminée, sans qu'il puisse alors s'en rendre compte, par les mêmes aspirations régressives que celles actives dans la formation des symptômes. Elle se trouvait ainsi rentrer en isomorphie avec la tendance régressive temporelle du discours des patients sous hypnose. En effet, Freud remarque, après Breuer, la tendance spontanée à « rétrogresser » vers la période des événements traumatiques, à réactualiser celle-ci. Les symptômes peuvent dès lors être envisagés et définis comme des réminiscences. Mais ce mouvement régressif se révèle vite ne pas concerner seulement la temporalité.
Soit sous hypnose, soit spontanément, des activités psychiques particulières peuvent en effet être observées, des états oniroïdes, bien décrits par Breuer et rendus responsables par ce dernier des symptômes. Freud envisage que ces états oniroïdes ne sont pas la condition d'apparition des symptômes, mais font plutôt partie du tableau symptomatique lui-même. Aussi, fort logiquement, il en vient à s'intéresser à l'activité onirique normale, activité psychique régressive de la passivité prototypique de toutes les autres, normales ou morbides, spontanées ou induites.
Ainsi, pour élaborer sa conception psychique du symptôme, Freud va-t-il décentrer son investigation vers ce produit psychique régressif banal, le rêve, produit psychique proche du symptôme diurne mais se différenciant de celui-ci