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Les pages de ce livre se tournent comme dans un rêve entre plaisir et déplaisir, et chaque phrase nous touche dans un contact qui mélange adroitement la sensorialité suscitée par le langage utilisé et l'esthétisme lié à l'emploi des mots. C'est une invitation à un voyage intérieur qui permet, à travers les évocations de patients dans des moments éphémères de leur travail analytique, une relecture rigoureuse des concepts de la psychanalyse dans un mouvement d'incarnation théorique. D'ailleurs, alors qu'il évoque la sublimation, il nous fait directement part de son plaisir : « Sans sexualisation de la pensée, et le plaisir qu'elle procure, serais-je là en train d'écrire ? » Et nous de lire, pourrions-nous ajouter.
Il devient donc difficile d'en parler tant la crainte de venir déranger un équilibre harmonieux produit par le choix même de la succession des phrases et des chapitres est grande. Et, pourtant, nous allons tenter de le faire en demandant au lecteur de nous suivre à travers les émotions que la lecture de cet ouvrage suscite.
Jacques André est loin d'être un auteur novice en ce qui concerne les ouvrages psychanalytiques et nous ne reprendrons pas ici les chapitres liés à son hypothèse d'une féminité primitive déjà développée auparavant, souhaitant nous limiter à la spécificité de cet ouvrage.
Dès l'avant-propos, l'auteur nous expose son projet dans sa perception de la psychanalyse comme « une chambre d'écho de la vie de tous les jours, de la folie de tous les jours », abordant ainsi, à l'aide de fragments issus de sa clinique, ce qu'il appelle des folies minuscules, puis, « quand il n'y a pas d'autre