You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
En mars et avril 1915, moins d'un an après le début de la Grande Guerre, Freud écrit à la demande de l'éditeur d'Imago un court essai, « La désillusion causée par la guerre », auquel il joint le texte remanié d'une conférence de février 1915 à l'intention de l'association B'nai B'rith dont il fait partie, « Nous et la mort », éditée sous le titre « Notre rapport à la mort ». Ce sont donc ces « Actuelles sur la guerre et la mort » qui, selon le principe de cette collection, servent d'argument à ce numéro des Libres Cahiers pour la psychanalyse, lequel rassemble pas moins de 14 contributions autour de ce thème.
C'est bien la guerre qui relance la pensée de Freud sur la mort, deux ans après la publication de Totem et tabou, lequel essai inscrit le meurtre du père à l'origine de la psyché, la guerre qui « reste scandaleuse pour la pensée humaine » comme l'écrit Josiane Rolland, ce « retour de la barbarie dans la culture » qui modifie le rapport de l'homme à la mort en ce que « celle-ci ne peut plus se laisser dénier ». Parler de la mort sera donc parler de la guerre, et les contributions des auteurs à ce volume rappellent combien la guerre met en péril les illusions de la raison, de la culture et de la civilisation, et contraint l'homme à se penser mortel si ce n'est à penser la mort.
En forme d'incipit, « 1915, 1932, 1945 », l'article de Josiane Rolland montre Freud affronter la désillusion d'une « union des peuples dans la culture », reconnaître que « la propension à la guerre est liée au fonctionnement