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Les réflexions de Jacques Press portent avant tout sur ce qui demeure une difficulté contemporaine de tout psychanalyste confronté aux organisations non névrotiques – à savoir, à un manque de représentation verbale. Ce manque n'est pas un rien dans le psychisme. Il est ce que Jacques Press appelle « trace de non-trace », si je l'ai bien compris. Il s'agit, pour moi, d'une trace perceptive, soumise à la contrainte de répétition, soit négativée et cicatrisée par un clivage, soit organisée en un quelconque symptôme peu symbolique, constitué en empruntant les voies de la co-excitation libidinale. Ce manque met l'analyste à contribution : il doit transformer, mettre en mots ce qu'il perçoit, ce qu'il devine (erraten, « deviner », est le terme qu'emploie Freud tout au long de son œuvre à propos de l'interprétation), le construire à partir de la réalité vécue dans l'ici-maintenant du transfert et du contre-transfert.
Différents versants de la construction, par contre, ont été proposés par nos collègues dans leurs communications prépubliées : construction de la théorie psychanalytique; construction du psychisme; construction par le psychisme de théories, de fantasmes; construction du cadre analytique; construction de la relation analytique que la construction, précisément, contribue à renforcer; construction du passé, enfin. Ces différents points de vue ne sont pas aussi éclatés qu'ils apparaissent. Je vais tenter de montrer qu'ils sont intriqués en isolant quatre problématiques de la construction :
— la construction de la réalité;
— la construction défensive;
— la co-construction;
— l'effet de séduction de la construction.