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Chère Michèle,
La meilleure manière de discuter votre rapport, me semble-t-il, c'est de suivre l'évolution de vos idées au cours de ces six derniers mois, c'est-à-dire depuis la remise de votre rapport écrit en novembre 2007 jusqu'à votre présentation orale de mai 2008. En effet, l'exposé que nous avons entendu n'est pas seulement un résumé de vos thèses écrites : vous êtes allée bien au-delà en nous présentant l'état actuel d'une réflexion qui n'a cessé de se poursuivre. En effet, lorsque j'ai lu pour la première fois votre rapport écrit, j'avais été frappé par l'écart que j'avais observé entre vos positions théoriques et votre approche clinique, telle qu'elle apparaissait dans le cas de Marie. C'est pourquoi, dans un premier temps, je m'étais proposé de faire ressortir ces contrastes afin de mieux comprendre votre point de vue. Mais, dans l'intervalle, vous avez dialogué avec vos collègues, notamment à l'occasion de votre conférence à Genève. De sorte qu'aujourd'hui votre exposé reflète pleinement l'évolution de votre pensée et le plaisir de la découverte qui vous a accompagnée au long de votre démarche. Je vous suis également reconnaissant de nous montrer avec simplicité la manière dont vous réfléchissez en tant que psychanalyste, ce qui permet à chacun de nous, qui vous écoutons, de se sentir concerné par votre démarche.
Je commencerai donc par un bref rappel de vos positions de départ, telles qu'elles se présentent dans le rapport prépublié. Ensuite, je mettrai en regard, d'un côté, le cheminement que vous avez suivi de l'écrit jusqu'à l'oral et, d'un autre côté, mon propre point de vue sur les idées que vous avancez.