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Marnie est une voleuse. Rusée, elle fournit des références impeccables à ses employeurs, au-delà de tout soupçon, elle gagne avec aisance leur confiance et se fait engager comme secrétaire. Puis, à la première occasion où elle se trouve en possession d'une grosse somme d'argent, elle disparaît sans laisser de traces. Par la suite, elle change de look, teint ses cheveux, change de coiffure, d'identité même, à travers des faux papiers, présente sa candidature dans une autre entreprise et recommence… Femme séduisante, un homme la remarque, repère sa phobie du rouge, sa peur du tonnerre, s'intéresse à elle, la suit, en tombe amoureux et « de surcroît » la soigne.
Vous aurez reconnu l'héroïne du film Pas de printemps pour Marnie d'Alfred Hitchcock. Au cours de la dernière séance-séquence, on assiste à l'abréaction, avec son effet libérateur cathartique. Marnie, confrontée à sa mère sous l'insistance de son mari-thérapeute, présente un état de régression formelle aigue, redevient enfant, retrouve son passé et remémore en détail l'événement traumatique vécu : un client de la mère prostituée, qui cherche à abuser de l'enfant qu'elle était, est frappé violemment par la mère sous le regard horrifié de l'enfant et est tué dans un bain de sang.
Voilà le sens dévoilé de la phobie du rouge ! Un coup de tonnerre retentit en même temps. Tout s'explique ! L'argent que Marnie continuait à voler compulsivement était destiné à entretenir sa mère, qui vivait désormais dans l'indigence… Tout trouve son sens, car l'éclairage des souvenirs retrouvés et devenus dicibles, « mis en mots », a permis d'accomplir un travail de traduction des symptômes incompréhensibles, en dévoilant leurs sens. Marnie en sera instantanément guérie !