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Le destin de la représentation mentale du phallus constitue une variable clé du développement psychique de l'homme et de la femme1. Je voudrais ici mieux montrer l'articulation entre le degré de symbolisation du phallus et le développement de l'aptitude au féminin – dans les deux sexes. J'évoquerai ensuite ce qui me semble une différence sensible du destin de la symbolique du phallus chez l'homme et chez la femme.
Le point de départ est que la mère est forcément perçue, à l'origine, comme phallique, au sens d'être supposée pourvue, et cela aussi bien de la part du bébé garçon que du bébé fille. En fonction de quoi, c'est à partir de la perception de son corps propre que chacun va amorcer un processus sensiblement différent donc pour un sexe ou pour l'autre.
Il faut s'appuyer ici sur le texte décisif écrit par Freud en 1925 : « Quelques conséquences psychiques de la différence des sexes au niveau anatomique ». On peut y constater que Freud ne se réfère guère à la notion de phallus – pourtant si cruciale dans la pensée grecque – mais préfère s'en tenir au terme anatomique de pénis. Or « phallus » désigne plus précisément le pénis en érection, c'est-à-dire dans sa puissance manifeste.
Cette image de l'organe viril érigé a au moins deux bonnes raisons de constituer un repère symbolique crucial pour tout un chacun. D'abord, bien sûr, du fait que le pénis fait défaut chez la moitié des humains; mais aussi parce que, chez ceux qui en sont porteurs, il présente cette propriété d'une érection intermittente alternant avec l'état de flaccidité. C'est ce qu'Ernest Jones a qualifié d'aphanisis – disons,