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Les rapports de Michèle Bertrand et de Jacques Press, après les œuvres de F. Pasche et de S. Viderman, montrent la richesse de l'article de Freud « Constructions dans l'analyse » (1937) : paradoxe d'une mise en série des interprétations qui fait sens pour convaincre le Moi, oui, mais pour, simultanément, mieux lui permettre de se défaire de la compulsion de répétition, laquelle est aussi contrainte à se souvenir et à surinterpréter. Ainsi Freud (1909) croit-il pouvoir venir à bout des « travaux de pensée » de l'Homme aux rats en transformant les rationalisations obsessionnelles de son patient en débuts de constructions. Mais il s'interroge : « Mon explication, cela se conçoit, ne rencontra tout d'abord chez le malade aucune approbation », « Je n'avance ces arguments que pour me faire confirmer de nouveau combien ils sont impuissants. Je ne puis concevoir comment d'autres psychothérapeutes peuvent rapporter que c'est au moyen de telles armes qu'ils combattent la névrose avec succès ». On voit qu'il s'agit de saturer la contrainte à expliquer par un style d'échange dialogique, autant que de parvenir à une « conviction » concernant la vérité de la construction. L'action porte sur un mécanisme de défense spécifique à la fois de refoulement et de clivage des affects (le patient « ne reconnaît pas leur significativité »). Freud déconstruit les constructions élaborées dans les séances antérieures comme autant de défenses devenues inutiles, tout en continuant à en proposer de nouvelles.
L'implication de l'analyste dans la rencontre avec le patient, jusque dans ces moments où construction et délire se confondent, dégage un noyau traumatique subjectivant là où la seule activité interprétative risque de devenir partie prenante d'une répétition au-delà du principe de plaisir, nous dit J. Press (2008),