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Buttant aux limites de l'analysable avec certaines pathologies, Freud fut amené à réviser son premier modèle et à envisager ce nouveau paradigme qu'est « construction ». La métaphore de l'archéologue est ainsi confrontée à sa limite, puisqu'il s'agit désormais de construire quelque chose qui manque. La remémoration ne peut se faire : l'événement psychique n'a pu être ni représenté ni refoulé. L'enjeu n'est pas de retracer une histoire mais de « construire » pour donner forme à des éléments sensoriels qui n'ont pu s'organiser du fait de la force du vécu pulsionnel précoce.
Le « tournant » des années 1920 annonçait une attitude technique différente à laquelle « Constructions » va incontestablement contribuer par la suite. Freud y insiste sur le rôle de l'analyste : le travail analytique se joue sur deux scènes et concerne deux personnages. Ce développement contient en germe les développements postfreudiens sur le contre-transfert. Ce que le patient ne peut se remémorer, c'est à l'analyste de le construire : il aura à tenter de transformer ces éprouvés violents qui n'ont pu qu'être éjectés mais il devra prendre en compte aussi les divers ressentis ou images étonnantes qui émergent « en lui ». C'est cet ensemble-là qui va alimenter ses constructions, générer liens et combinaisons nouvelles. Ce « jeu » devient le lieu de répétition, l'espace où peut se déployer ce non-existant. Ne fait-on pas exister parfois, par notre regard, certains événements psychiques qui avaient été traités comme des non-événements ? Un des effets du trauma peut consister en une tentative d'effacement de certaines traces psychiques, n'en laissant qu'une sorte de marque en négatif dans le psychisme. Dans la cure, il nous faudrait tourner autour de ce trou dans l'espoir que progressivement cela puisse prendre vie pour le patient.