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La notion d'environnement, fréquemment liée au registre de la carence, de l'absence, du manque, implique-t-elle un nécessaire choix entre objet environnemental et pulsionnalité ? Quelle place la notion de carence, si souvent utilisée dans les pathologies du trauma, précoce en particulier, laisse-t-elle à l'organisation d'une pensée psychodynamique ?
Se focaliser sur la notion d'environnement défaillant masque les éléments de qualification de cette défaillance, qualification pour laquelle la notion de pulsion est très utile. Dire les choses en termes d‘« au-delà » et d‘« en deçà » de la représentation nous apparaît comme trop soumis, trop fixé à un modèle de pensée naturaliste, darwinien, dans lequel l'évolution est envisagée dans un sens développemental avec hiérarchisation des fonctions du vivant. Cette logique procède d'un système de pensée binaire, système évolutionniste prédéterminé, voire surdéterminé. Dans ce cadre, l'observation clinique va chercher à repérer les niveaux de présence ou d'absence de ces fonctions du vivant. On pourrait nommer cette logique de pensée en principe « là/pas là » « efficience/déficience », « présence/carence ». Or nous sommes, en tant qu'éléments procédant de ce vivant, confrontés sans cesse à toutes les données connues et inconnues, construites et déconstruites, organisées ou chaotiques. Est-il encore possible, alors que la complexité des processus est incontournable, d'envisager un processus psychique, quel qu'il soit, sans le penser dans une simultanéité permanente liée à un antiprocessus, comme Freud l'a valorisé au travers de sa seconde théorie des pulsions ? Le moins que l'on puisse dire est que la vision déficitaire de l'absence, de ce qui aurait dû advenir, ne donne pas une idée psychodynamique de ce qui se joue dans la relation à l'objet primaire. La seule présence/absence