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Dans l'article que Freud lui consacre en 1937, la Konstruktion est installée au cœur du processus de l'analyse. L'activité de construction est une pensée contre-transférentielle1, elle est une représentation d'attente que se donne l'analyste dès qu'il écoute son patient. Dans cette perspective, largement prévalente dans les discussions du 68e Congrès des psychanalystes de langue française, l'activité de construction ne concerne pas seulement l'aménagement pragmatique d'une technique idéale des cures de patients « difficiles ». Elle est l'activité psychique de l'analyste inhérente à toute situation analytique. Elle œuvre silencieusement dans la pensée de l'analyste où elle est un acte de parole silencieuse.
La construction se nourrit de matériaux puisés par régressivité dans les associations de l'analyste. Elle suit ensuite une marche syncopée où elle révèle l'histoire qu'elle restitue quand, dans le présent, elle reconstruit un passé qui l'a engendrée. Le processus obéit à la loi spécifique de la temporalité psychique : l'après-coup. Au fil des séances de travail du Congrès, une question récurrente se profilait. Comment l'analyste est-il « garanti de ne pas faire fausse route » en construisant ? Comment est-il certain de ne pas suivre les voies de la suggestion ? Freud, dans son texte, écarte ce danger par l'analyse personnelle de l'analyste – et l'on peut ajouter aussi : par sa formation. Pour autant, chaque analyste s'en inquiète dès que l'étude de ses constructions le conduit au cœur de la séance et de son processus d'écoute. Là où la construction est comme l'échafaudage qu'on ne peut voir que pendant le temps de l'élévation du bâtiment. Elle est, comme lui, à la fois nécessaire et éphémère. Si bien que l'analyste