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Lorsque Freud nous propose sa conception de la construction, le passé construit ou reconstruit s'impose à lui avec des formes qui n'apportent d'autres indications temporelles que celles de l'antériorité. Toutefois, en soulignant l'impact du transfert, Freud inscrit aussi implicitement la construction dans un procès en cours de réalisation.
C'est ce double lien que Jacques Press et Michèle Bertrand ont largement appréhendé dans leurs rapports. Doit-on, en effet, s'en tenir à une appréciation restrictive de la notion de construction et/ou justifier son extension théorico-clinique à partir du champ ouvert par les développements méthodologiques de la psychanalyse contemporaine ?
Un double mouvement : présent/passé, rythme cette concordance des temps à l'aune de la scansion du transfert - contre-transfert. C'est pourquoi je me propose d'interroger l'expression, dans la cure, de l'actualisation de ce passé, d'une part, et de l'impact de l'état d'esprit de l'analyste, de l'autre, désigné sous le vocable de « contre-transfert ». En effet, le ou les traumas du passé n'exemptent pas des traumas du présent. Il convient donc, dans l'appréhension du mouvement régressif de la cure, de différencier ce qui incombe au surgissement des situations traumatiques et des traces du passé, et à la défaillance du contenant analytique qui duplique alors les situations traumatiques de l'enfance.