You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Parmi les différentes lignes d'évolution interne qui traversent l'opus freudien, l'une des plus passionnantes est celle qui met en tension la remémoration et les modifications du Moi, le contenu et les processus de transformation dans la cure.
Le modèle psychopathologique proposé par Freud en 1895 dans Études sur l'hystérie repose sur la notion du refoulement d'un événement de nature sexuelle survenu dans l'enfance. Ce souvenir refoulé est supposé se trouver à la base de tout symptôme. Par conséquent, le but de la cure n'est autre que la récupération du souvenir perdu, sa remémoration, afin de le ré-intégrer « dans le grand complexe des associations [où] il prend place à côté des autres incidents pouvant même être en contradiction avec lui [de façon qu'il] se trouve corrigé par d'autres représentations ».
Il a souvent été signalé le progressif désenchantement de Freud, sa désillusion par rapport à ses espoirs théoriques initiaux. Avec le passage du temps, Freud aura en effet à corriger son élégant modèle initial sur deux points principaux. Dans un premier temps, il sera forcé de reconnaître les limites de la remémoration. Ce problème s'avérera cependant d'une solution relativement aisée : ce que le patient n'arrive pas à se remémorer, c'est à l'analyste de le construire.
Le deuxième problème est plus ardu et pose la question des limites intrinsèques de l'analyse. Il concerne les modifications du Moi sous l'effet des défenses. Dans la « Communication préliminaire » (1893), Freud avait comparé « le traumatisme psychique et, par suite, son souvenir [à] un corps étranger qui, longtemps