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Ayant travaillé assez longuement avec des adolescents, je suis devenue particulièrement attentive et sensible à la richesse que cela offre d'être à l'écoute de l'évocation des effets de leur adolescence chez les patients adultes. L'hypothèse que je vais tenter de développer est la suivante : la manière dont un adulte évoque son adolescence, lorsqu'il ne présente pas une structure psychique à forte prévalence névrotique, peut constituer un après-coup particulièrement évocateur et auquel il peut être important de prêter écoute, d'un avant-coup qui nous amènerait, peut-être, à un moment ou un autre de l'analyse, à proposer une ou plusieurs constructions.
Les deux rapporteurs ont évoqué, certes différemment, des moments, soit au cours d'un travail analytique pour Michèle Bertrand, soit lors d'une psychanalyse pour Jacques Press, de construction nécessaires pour permettre un changement essentiel de la structure du patient, au moins de son fonctionnement psychique.
L'après-coup de l'adolescence que j'évoque ici n'est pas celui qui donne à l'avant-coup d'une séduction dans l'enfance sa valeur traumatique de séduction sexuelle prenant toute sa force par la maturation du corps à la puberté et la puissance sexuelle et destructrice qui lui est désormais possible. Je ne pense pas non plus particulièrement à l'intensité éventuelle du revécu œdipien à ce moment-là qui peut être source de multiples angoisses. Je pense simplement à la pression pulsionnelle que provoque la puberté et comment le Moi y fait face et parvient soit à faire quelque chose de cet accroissement pulsionnel, soit se laisse submerger et peut éventuellement en arriver à un effondrement, un break-down, plus ou moins massif, sous l'effet de celui-ci. Cet effet, parfois intense, peut être