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Si les libres associations du sujet garantissent la validité de l'interprétation, comme le rappellent Laplanche et Pontalis1 dans la définition même de la psychanalyse, qu'en est-il à propos de la construction ? À quelle source s'alimente-t-elle ? Comment la valider et se prémunir contre la suggestion qui pourrait dévoyer le patient vers une évolution en faux self et égarer l'analyste sur un chemin contraire à l'éthique ?
La clinique contemporaine avec son cortège d'états limites et de troubles psychosomatiques nous confronte aux failles de la symbolisation de patients dont la mémoire amnésique (Green)2 nous amène souvent à effectuer, pour assurer la continuité voire la survie du processus analytique, un travail préalable à celui de l'interprétation, un travail où la construction occupe une place centrale; c'est ce type de construction que je souhaite illustrer.
L'appui sur le transfert et le contre-transfert me semble garantir au plus près la validité de ces constructions, lesquelles ne sont pas nécessairement formulées, se remanient au fil du temps et se nourrissent à la richesse des théories implicites de l'analyste en séance.
Dans la droite ligne du rapport de M. Bertrand3, la prise en compte de la tiercéité et de la vie pulsionnelle ainsi que la référence au passé réactualisé dans le hic et nunc de la séance m'apparaissent comme autant de garde-fous indispensables pour éviter la suggestion.