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Quand nous opposons la notion de construction à celle d'interprétation, c'est souvent en référence aux zones inaccessibles d'une cure classique. Nous pouvons aussi le faire à propos de patients au fonctionnement limite. Pour ces situations, aux limites de l'analysable, le modèle classique de l'avance du travail psychanalytique de la surface vers le centre n'opère pas vraiment; le processus se fait par à-coups, avec de sérieuses ruptures de rythme. La « construction », celle du patient aussi bien que celle de l'analyste, progresse à plusieurs étages en même temps, sans véritable cohérence ni solidarité; cela suppose que, prenant la métaphore d'un immeuble à bâtir, les étapes dangereuses sont assez fréquentes. Un sentiment d'instabilité règne. Il se produit ainsi de brusques « effondrements »1 qui donnent l'impression pénible au clinicien, comme au patient, que tout est revenu comme au premier jour, d'un retour en arrière, à la case départ.
N'avons-nous pas assez d'exemples bien documentés de patients qui répètent leurs problématiques infantiles plutôt que de se les remémorer et donc de les dire, conduisant souvent à des impasses « sans nom » ? Une hypothèse de travail optimiste, avec les cas difficiles, ceux qui soumettent l'analyste à rude épreuve, est que l'impasse est le lieu même de la pensée analytique, à condition d'être décryptée; la notion, fréquente, de paradoxe nous ramène par exemple aux questions essentielles sur ce qui s'élabore de façon complexe dans la cure quand les conditions initiales ont été violentes ou défaillantes.