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C'est l'après-coup de l'écriture qui m'a incité à donner forme aux courants de pensée qui pendant le Congrès s'agitaient en moi. Entre l'accent mis par Jacques Press sur un noyau de vérité matérielle source d'un sentiment du vrai et Michèle Bertrand qui déplaçait l'accent sur l'invention d'un possible s'imposant comme vrai, je me sentis à la fois partagé et sans pensées propres. Devant l'abîme de ma méconnaissance, je décidai de renoncer à bricoler une construction mais se convoquèrent alors en moi, sans que je les y invite, d'abord une castration suivie de jalousie et de désirs de hurler avec les loups, puis un vide intérieur bruissant d'accusations projetées qui devinrent des autoreproches. Je quittai le Congrès la mort dans l'âme avec pour tout bagage la dernière parole du Tractatus : « Sur ce dont on ne peut parler il faut garder le silence » (Wittgenstein, 1922). Mais, aussitôt après, me revint à l'esprit cette phrase de Freud : « Dans le silence de ce dont on ne peut parler naît une langue de l'inconscient. »
Freud entendit d'abord, dans le silence du langage, le rêve de la nuit et le non-sens du jour, dont l'inconnu était « le psychique lui-même et son essentielle réalité » (Freud, 1900). Entrepôt de l'infantile sexuel perdu, cette réalité psychique inconnue du langage sera conçue comme une mémoire muette où puise tout devenir : le sexuel non voulu refoulé s'y inscrit en une trace indestructible, « matière première » (Freud, 1900) d'un retour à-venir qui se symbolise dans les langues du silence du langage. Ce retour avancera masqué dans la langue du