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« Le chaos de la désintégration peut être aussi “mauvais” que le manque de fiabilité de l'environnement, mais il a l'avantage d'être produit par l'enfant et donc de ne pas dépendre de l'environnement. Il est dans la sphère de l'omnipotence du nourrisson. En termes de psychanalyse, il est analysable alors que les angoisses inimaginables ne le sont pas. »
D. W. Winnicott1.
Jacques Press place son rapport sous les auspices de Warburg; d'emblée la question du regard qui construit se pose de manière exemplaire ainsi que la complexité des enjeux auxquels il nous confronte. Délire et construction, délire ou construction, délire ou vérité ? Michèle Bertrand évoque également cette dimension à partir de L'homme Moïse et le monothéisme. Pourtant, à propos de ce noyau de vérité historique du délire, Freud disjoint la compréhension des mécanismes de la psychose de son traitement : « Je pense que de tels efforts déployés auprès de psychotiques apporteront beaucoup de connaissances, même s'ils ne sont couronnés d'aucun succès thérapeutique » (S. Freud, 1937, p. 280). Il s'agit d'un écart fondamental entre la continuité des processus psychiques entre névrose et psychose et la radicale hétérogénéité de leurs modalités thérapeutiques : constructions – au pluriel – en psychanalyse, construction selon la théorie du fonctionnement mental développée par la psychanalyse ou construction partagée dans la cure.