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En nous introduisant au cœur du processus d'écriture, Hélène Cixous nous livre un précieux témoignage sur son travail d'écrivain. Ses propos – profonds, poétiques, généreux, riches en paradoxes féconds – sont tout de suite entrés en résonance avec notre réflexion et notre expérience d'analystes.
« Écrire ce que l'on ne peut pas écrire : je vise un secret plus fort que moi. Je pense tout le temps à ce livre que je n'écris pas, ce livre absolu qui m'oblige à écrire celui que j'écris. J'y pense tout le temps, je le vénère, fantôme absolu tout-puissant et impuissant. »
Elle évoquera encore cette attraction du secret : « Quand j'écris, je soulève quelque chose, je cherche la scène cachée. »
Sans doute s'agit-il de la scène originaire – mais sans doute également d'autre chose. On a cité la phrase de J.-B. Pontalis : « La passion d'écrire est en rapport avec une aphasie secrète. »
La référence est, ici aussi, le secret et l'indicible : il n'y a donc pas de mots pour dire la chose à dire. Bien plus, quand Hélène Cixous dit qu'« il faut dire ce qu'il ne faut pas dire », elle introduit l'interdit qu'il faut transgresser pour écrire, l'interdit qui s'oppose à écrire ce « livre absolu » qui est l'objet de son désir et de sa quête sans fin.
Écrire, n'est-ce pas tenter de forcer l'inconscient à se dévoiler ?
« Nous pataugeons dans le meurtre », dit-elle. Ce livre qu'elle n'écrit pas serait-il l'histoire d'une mise à mort toujours différée, du maintien en vie d'un